Fabio Ciriachi, poète.

Andrea di Consoli, poète.

Contes de Guido Gozzano.

Nous, les nomades.

  • Nous qui avons tellement d'espace et si peu de temps, nous nous ferons nomades. Annie le Brun, 1972.

POÉSIE DÉMENTE, par Carlo Bordini.

   

Le monde fut fait

en très peu de temps,

dans de grandes disputes

et seulement au dernier

moment il fut décidé,

à défaut de confiance,

d'instituer la mort et de diviser les sexes.

Dieu était très jaloux

de ses quatre ou cinq collèges et par dépit

il dit:

Mais de toute façon dans quelques années il seront tous cassés, l'un sans

un bras, l'autre sans une jambe, autant

les faire mourir!

Et un autre lui dit:

Et ces nouveaux comment tu les fais?

Je ne les fais pas moi, ils les font

eux-mêmes! La belle affaire. Et ainsi,

au dernier moment,

en quelques minutes, ils inventèrent l'instinct sexuel,

et l'enfance. Ils furent au bord d'en venir aux mains.

Et l'un dit: mais tu ne vois donc pas

qu'ainsi il y aura plein d'ennuis?

Qu'est-ce qu'on s'en fiche- dit Dieu.

-De toute façon ce monde ne me plaît pas.

Il est raté. La belle affaire-

intervint un autre. -Où voulais-tu en venir, avec l'idée que tous doivent se manger

les uns les autres? Il est logique qu'ils

s'usent. Et alors? Toi, qu'est-ce que tu aurais fait?

Ils furent au bord

d'en venir aux mains.

   

Poème extrait de Carlo Bordini, Pericolo Poesie 1975-2002, Edizioni Manni, San Cesario di Lecce, 2004.


Traduction Olivier Favier

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