POÉSIE DÉCOULANT DE L'OBSERVATION DE QUELQUES MORIBONDS DE MA FAMILLE, par Carlo Bordini.
Quand on va mourir on devient
d'autres personnes
on devient des saints des
prédestinés
anachorètes des ermites tout l'égoïsme
qui a été dans la personne disparaît dans ce cocon
qui attend seulement de partir et dans cet
état de grâce qui est comme
l'état de grâce des femmes enceintes
le sourire pâle
le cheveu argenté ce cocon ou ectoplasme qui va
partir
C'est une vraie métamorphose qui n'a plus de rapport avec la (personne)
personne
qui vivait et tout doit lui être pardonné
même s'il est incapable de pardonner et
incapable de penser
et peut seulement
souffrir trembler et craindre et dans cette
fragilité qui est la sienne et réconcilié avec le monde et rien
de tout ce qui est obscène dans la vie ne peut désormais faire partie
de lui sinon le tremblement et l'espoir
d'aller
Poème extrait de Carlo Bordini, Sasso (di prossima pubblicazione presso l'editore Scheiwiller).
Traduction Olivier Favier
Contact: onnedormirajamais-typepad@yahoo.fr
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