Fabio Ciriachi, poète.

Andrea di Consoli, poète.

Contes de Guido Gozzano.

Nous, les nomades.

  • Nous qui avons tellement d'espace et si peu de temps, nous nous ferons nomades. Annie le Brun, 1972.

LES OMBRES DES HOMMES, par Mauro Fabi.

   

Les ombres des hommes

quand ils sortent de chez eux

et vont travailler,

toutes ces ombres

qui s'obstinent

à nous suivre

comme un ciel plein

de pluie,

les ombres des corps

qui entrent et qui sortent

des bars du matin

si vagues si fragiles

et finalement impersonnelles

se confondent le long

des trottoirs,

quelques

ombres solitaires

s'attardent submergées

dans ces lits encore chauds

et ne trouvent pas le courage

ne trouvent jamais le courage,

ce sont des ombres mortes désormais

parce qu'elles peuvent rappeler seulement

les ombres du passé

qui bruissent sans nom

sans visage parce que les ombres

du passé

n'ont pas de visage n'ont pas

d'odeur c'est leur nature d'ombres

de rester un peu derrière

à l'écart de côté

pleines de tic.

   

Poème extrait de Mauro Fabi, Il motore di vetro, Edizioni Palomar, Bari, 2004.


Traduction Olivier Favier

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