LES OMBRES DES HOMMES, par Mauro Fabi.
Les ombres des hommes
quand ils sortent de chez eux
et vont travailler,
toutes ces ombres
qui s'obstinent
à nous suivre
comme un ciel plein
de pluie,
les ombres des corps
qui entrent et qui sortent
des bars du matin
si vagues si fragiles
et finalement impersonnelles
se confondent le long
des trottoirs,
quelques
ombres solitaires
s'attardent submergées
dans ces lits encore chauds
et ne trouvent pas le courage
ne trouvent jamais le courage,
ce sont des ombres mortes désormais
parce qu'elles peuvent rappeler seulement
les ombres du passé
qui bruissent sans nom
sans visage parce que les ombres
du passé
n'ont pas de visage n'ont pas
d'odeur c'est leur nature d'ombres
de rester un peu derrière
à l'écart de côté
pleines de tic.
Poème extrait de Mauro Fabi, Il motore di vetro, Edizioni Palomar, Bari, 2004.
Traduction Olivier Favier
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