Les amis ont achevé leur voyage.
Ils se sont mis en ménage, ils élèvent soigneusement leurs
enfants, les accompagnent à la piscine, font de nouvelles
rencontres avec des couples semblables aux leurs, petites amitiés
qui ne demandent pas beaucoup de responsabilité, au mieux
un peu de tact et de bon sens, quelques dîners où
l'on parle de l'école, des vacances, d'une cloison à
déplacer, on parle des collègues de bureau, en essayant de
ne pas trop boire.
Leurs femmes, ensuite, leurs belles femmes,
sont toutes malheureuses,
comme peuvent l'être ces femmes qu'on baise peu,
et peut-être que l'unique vérité de ces petites amitiés
est de finir au lit dans la promiscuité.
(Même si, évidemment, on ne peut pas toujours tout ramener
à ça...)
Le cours de ces rapports est ondulatoire, leur durée
faussement jugée éphémère, se transforme finalement
en un lien dont personne ne voulait.
Poème extrait de Mauro Fabi, Il motore di vetro, Edizioni Palomar, Bari, 2004.
Traduction Olivier Favier
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