Fabio Ciriachi, poète.

Andrea di Consoli, poète.

Contes de Guido Gozzano.

Nous, les nomades.

  • Nous qui avons tellement d'espace et si peu de temps, nous nous ferons nomades. Annie le Brun, 1972.

COMMENT ON TOMBE, par Fabio Ciriachi.

   

Le jour où il s'était senti mal

Il avait traversé l'après-midi

jus d'orange la nappe à rayures

un sentiment comme entier de beauté

passée (donc elle finit comme ça la

beauté, par la résignation)

les voix déchiraient le silence

cela ne lui faisait rien il ne les aimait

plus, il pensa que s'il atteignait la nuit

il ne s'opposerait pas à elle non

il serait doux mais avec froideur

puis il vit le sein reposant sur le décolleté

un tremblement sur l'onde des pas

et il envia les glandes obéissantes

qu'il ait eu une douceur

semblable cachée en lui, peut-être

dans ses gestes ses regards autour des yeux

dans ses pensées ses décisions

qu'il ait clairement fixé

une manière de fermer la boutique

quelques mots mais lourds de sens

quelques silences sans impressionner

mais quelle importance pouvait jamais avoir

(son corps si loin par la douleur

lui fut comme une manoeuvre hostile

il ne se rendit pas compte qu'il se rendait)

   

Poème extrait de Fabio Ciracchi, L'infinito del verbo io, (à paraïtre).

Traduction Olivier Favier

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